Que se passe-t-il quand une certaine quantité de matières organiques est déversée dans une rivière ? Les bactéries, qui sont présentes naturellement dans l'eau, se mettent en action. Comme dans une station d'épuration, elles vont s'en nourrir. La rivière est ainsi capable de "digérer" la pollution organique. Ce phénomène s'appelle "l'auto-épuration".

Mais attention, tout est question de dosage ! Plus il y aura d'eau dans la rivière et plus sa capacité d'auto-épuration sera importante et efficace. Un petit ruisseau ne peut pas digérer la même quantité de pollution organique qu'un grand fleuve. Quand l’eau d’une rivière est déjà trop polluée, elle ne peut plus s’auto-épurer.





Tout d'abord, les bactéries qui sont dopées par cet apport de nourriture vont se multiplier. Or pour consommer la matière organique, elles vont utiliser l'oxygène présent dans l'eau. Plus elles sont nombreuses et plus elles consomment de l'oxygène. Si bien qu'à un moment donné, il risque de ne plus y avoir assez d'oxygène pour permettre aux poissons et aux autres organismes vivant dans l'eau de respirer normalement.

S'il n'y a plus assez d'oxygène dans une rivière, il y a forcément moins de poissons. Ils ne peuvent plus se reproduire normalement. Ils fuient vers d'autres endroits moins pollués. Quelquefois, le phénomène de pollution est si rapide et si brutal que, sur toute une portion du cours d'eau, tous les poissons meurent et flottent à la surface, le ventre à l'air.





Ce phénomène se traduit par la prolifération des algues et des végétaux dans les cours d'eau. Il est provoqué en partie par la pollution organique que nous rejetons dans les rivières. Les bactéries la digèrent. Mais elles provoquent ensuite la formation de nitrates et de phosphates. Ceux-ci représentent alors de la nourriture pour les plantes aquatiques qui vont se multiplier de manière anormale.

L'eutrophisation est également provoquée par les nitrates qui proviennent des fumiers d'animaux et des engrais que les agriculteurs utilisent en excès pour augmenter les rendements des cultures.





Il existe quantités de produits toxiques utilisés pour fabriquer des produits dont nous nous servons régulièrement. Par exemple, il y en a dans les insecticides dont tu te sers pour te protéger des moustiques en été.



Pour fabriquer les piles, on utilise du cadmium. C'est un métal toxique. Pour teindre les vêtements, on utilise également des pigments métalliques qui contiennent des composés toxiques. Certains médicaments contiennent de l'arsenic, qui devient un poison mortel à partir d'une certaine dose. Pour tanner les peaux à partir desquelles on confectionnera de beaux blousons en cuir, on utilise du chrome.


Toute une partie de ces produits toxiques se retrouve bien évidemment dans les eaux que rejetées par les industries. Ils ne sont souvent présents qu'en très petite quantité, mais ils s'accumulent dans les cours d'eau et finissent par "empoisonner" la faune et la flore. Dans certains cours d'eau, situés en aval d'usines de fabrication de cuir, la pollution par le chrome a fait disparaître pratiquement toute la flore et toute la faune aquatique.

Dans certaines rivières, situées en aval d'usines de fabrication de cuir, la pollution par le chrome a fait disparaître pratiquement toute la flore et toute la faune aquatique.

Depuis les années 1980, les industriels ont fait beaucoup d'efforts pour réduire leurs rejets toxiques. Mais on paye toujours les erreurs du passé. Certaines rivières continuent à être polluées alors que les usines qui étaient à l'origine de cette pollution ont fermé depuis plus de 50 ans.